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Orientations Congrès 2005![]() Les orientations du congrès 2005
Bâtir un avenir solidaire, une espérance partagée ! C’est avec ce fil rouge que nous avons posé durant ces trois jours un regard sur les enjeux du monde rural pour tous ses habitants, conscients que nous devions le faire dans une perspective large : celle de l’ensemble de la société française, de l’Europe et de la planète entière, tant les effets de la mondialisation sont quotidiens dans nos vies et sur nos territoires ruraux. Trois jours pour vérifier les engagements pris à Lourdes en 2000 : Habiter autrement l’espace rural en nous impliquant dans le développement local, en privilégiant des choix qui vont dans le sens d’un développement durable pour tous les ruraux de la planète ; Favoriser l’émergence de projets citoyens en permettant la participation du plus grand nombre aux choix et orientations qui engagent leur avenir ; Partager la recherche de sens en rappelant l’enjeu d’un développement qui ait l’homme pour sujet premier, en cultivant la cohérence entre nos actions et notre foi. Trois jours pour montrer des possibles : c’est le sens des multiples initiatives que nous avons pu découvrir dans les forums et les ateliers. Trois jours pour amplifier les dynamiques que nous voulons continuer à vivre dès demain sur nos différents territoires. Dans un monde et une société confrontées au culte de la performance, au primat grandissant de la dimension économique, où une part importante de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, dans une société française où les travailleurs pauvres refont leur apparition nous voulons d’emblée réaffirmer que l’homme doit être le sujet premier de tout développement. Cela peut nous paraître banal et déjà connu : pourtant l’actualité quotidienne fourmille de situations où d’autres logiques, notamment financières, sont premières. Nous devons sans cesse interroger les choix de développement que nous posons ou qui nous sont proposés : les objectifs, les moyens déployés ont-ils l’homme et son plein épanouissement comme sujet premier ? Le servent-ils dans toutes ses dimensions y compris spirituelles ? Respectent-ils la diversité des histoires, des cultures ? Nous voulons à temps et à contre-temps – rappeler l’inviolable dignité de toute personne, que nous enracinons avec d’autres dans la Déclaration des Droits de l’Homme, et aussi dans notre foi en Dieu créateur ;
C’est cette double perspective qui nous guide et nous invite, dans la continuité de notre charte 2000, à offrir des lieux où les personnes sont accueillies dans la totalité de leur être, avec leurs convictions et leurs doutes, leurs potentialités et leurs fragilités. C’est tout particulièrement important dans un monde où nous sommes trop souvent attendus de manière convenue, là en tant que parent, ici en tant que professionnel, ailleurs en tant qu’élu, responsable associatif.... En CMR nous voulons permettre à chacun de faire l’unité dans sa vie, de réfléchir ses choix et ses engagements, en proposant : 1.Une vie d’équipe, une vie de mouvement : · Des équipes et un mouvement ouverts à la diversité des situations et des questionnements, notamment sur la construction des personnes et de leur identité, dans une société où chacun doit se forger de nouveaux repères pour poser les choix qui le feront vivre et s’épanouir. Des questions de toujours se posent de manière nouvelle : se construire, vivre en couple, éduquer ses enfants, trouver un équilibre entre vie professionnelle, personnelle, familiale, locale, engagements : comment prenons-nous en compte ces questions qui habitent notamment les plus jeunes ? Il nous faut s’efforcer de comprendre les mutations à l’œuvre aujourd’hui pour penser le mouvement dans 20 ans. · La révision de vie : la réécriture de la Démarche de Réflexion Chrétienne nous a permis de progresser, d’en réaffirmer l’enjeu qui dépasse les seuls membres de l’équipe. La réflexion produite en équipe doit nous aider à nourrir le débat en société, à interpeller plus largement, ce qui suppose que nous prenions le temps de la partager et de la mûrir déjà entre nous. Elle doit aussi nous ouvrir à un agir au cœur de la société : nous y ouvrir personnellement dans les réalités particulières de nos territoires mais aussi collectivement par notre manière de nous situer vis à vis des enjeux qui traversent notamment le milieu rural. L’action des animateurs permanents en fédérations, leur formation et la définition de leur mission seront décisives dans l’aptitude du mouvement à valoriser à l’extérieur la richesse de ces vies d’équipes. · Une spiritualité incarnée dans l’action , nourrie des exigences de l’Evangile et des principes forts de la pensée sociale de l’Eglise qui guident nos choix de développement et notamment l’inviolable dignité de la personne humaine, la destination universelle des biens, l’option préférentielle pour les pauvres. Etre chrétien et agir pour la transformation du monde est un même mouvement. Suivre le Christ, c’est, comme lui, devenir acteur de libération. Cette écoute et cette veille, ce travail de relecture et de discernement, ces choix et ces actions, cette spiritualité, nous les vivons dans une tension entre projets de vie et projets de société, en particulier dans nos réponses, personnelles et collectives, à trois appels spécifiques perçus dans nos territoires et qui précisent les 6 champs de défis du Congrès 2000 : 2. Servir le vivre ensemble pour relever le défi de la fraternité, dans la dynamique de l’appel du Carrefour de l’Eglise en Rural (Pour un espace rural plus humain - Avec les jeunes générations) · Renforcer notre capacité de veille et d’analyse sur les évolutions du monde rural en étant davantage attentifs à leurs conséquences pour l’ensemble des habitants. Mieux connaître et comprendre les logiques de précarisations, notamment chez les jeunes, et les moyens et attitudes pour les enrayer. · Proposer, soutenir, animer des lieux d’échanges, de dialogue et de convivialitéet ouverts à la diversité des habitants pour leur permettre de se découvrir, de partager leurs attentes par rapport au milieu, à l’espace, à la vie collective, à la communauté chrétienne. · Participer à l’accueil des nouveaux arrivants, à l’attention au voisinage et à l’habitat, au dialogue entre générations et entre « ruraux de souches », « néo-ruraux » et « rurbains ». Valoriser les initiatives informelles qui nourrissent un relationnel quotidien, déterminant pour la qualité d’un vivre ensemble local, primordial pour la dignité des personnes les plus fragiles. 3. Réhabiliter la politique, renforcer la participation des habitants dans leurs territoires (Par l’engagement citoyen - En osant une parole) · Entreprendre des démarches d’expertise nourries du travail de terrain, comme les recherche-action collectives et renforcer notre capacité d’interpellation des élus et des décideurs ; · Affirmer l’enjeu pour la vie démocratique d’une vie associative, syndicale, politique forte (les corps intermédiaires) et encourager ceux qui s’y engagent. Proposer des temps de formations et de sensibilisation à la politique et des outils de compréhension des enjeux ruraux et périurbains aux différentes échelles d’action et de décision, attentifs aux multiples échéances politiques des années à venir ; · Prendre notre place à chaque fois que possible dans les consultations, les lieux de concertation, les espaces de participation proposés dans la société (des CCAS aux Agendas 21) comme dans l’Eglise, ou soutenir ceux qui s’y engagent et partagent nos convictions sur le développement, la place de l’homme, l’inscription dans le long terme, le souci des générations futures. 4. Choisir nos modes de vie, de production et de consommation en cohérence et en responsabilité (En articulant économie et solidarité - En donnant sens à la vie) · Interroger nos choix personnels et collectifs de consommation (notamment alimentaires, mais aussi dans les domaines des médias, des transports ou du bâtiment) et de production à travers leurs impacts écologiques, économiques et sociaux ; cette interrogation s’étend aussi à l’Eglise, à nos mouvements, nos communautés chrétiennes dans leurs choix d’investissement et leur fonctionnement. · Porter plus fortement, notamment en régions, les propositions dont nous sommes signataires avec d’autres acteurs de la Plate-forme pour des agricultures durables et solidaires : prix rémunérateurs pour les producteurs, nourriture saine et accessible à tous, préservation de l’environnement, accès au foncier, droit à la souveraineté alimentaire et respect des agricultures paysannes, commerce équitable dans les relations producteurs-consommateurs du Nord comme avec le Sud. · Vulgariser les initiatives qui mettent concrètement en œuvre les principes du développement durable. Eduquer à penser plus loin que les intérêts de son territoire ou d’une génération. Soutenir des choix de développement compatibles avec l’affirmation d’un droit au développement des pays du Sud. Répondre à ces appels, se risquer dans ces démarches qui nous bousculent et nous mobilisent demande au mouvement d’être davantage dans une démarche de projets, à l’échelle locale, fédérale, régionale comme nationale, en précisant ses priorités, ses fondements, ses objectifs, ses moyens et les modes d’évaluation de son action. Le séminaire du Conseil d’Administration du mois de juin s’emploiera à préciser un cadre pour un programme d’action du mouvement jusqu’en 2010, qui aidera les fédérations à définir leur propre projet, leur propres moyens et objectifs. Dés à présent nous tenons à souligner que nous ne pourrons relever aucun défi seuls, mais en partenariat avec d’autres acteurs dans la société et dans l’Eglise, des partenaires dont nous écoutons maintenant les interpellations. |
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